jeudi 9 septembre 2010

PostHeaderIcon Comment passer du stress à la sérénité en moins de 10 minutes ?

vaincre-le-stress-bien-etreAujourd’hui, je vais vous raconter une petite histoire qui m’est arrivée récemment.

C’est une conversation que j’ai eue avec une amie dans un contexte un peu particulier, juste avant notre passage d’examen pour la certif de praticien PNL.

Les joies de l’attente…

Qui de nous n’a pas connu cette effroyable attente ? À l’école, ou aux études, lorsque nous patientons chacun notre tour pour présenter notre examen devant le professeur, ou pire encore… devant tout un jury !

Pour certains d’entre nous, ce n’est vraiment pas facile. Ce serait plus simple s’il n’y avait pas cette attente obligée, et la tension qui monte progressivement, à mesure que les minutes passent. Ce serait moins difficile sans tout ce temps pour penser et ruminer, car on serait dans l’action, et on n'aurait pas le temps de stresser. Mais là… c’est tout l’inverse. Le dialogue interne s’installe, se met en boucle et emporte nos pensées dans un tourbillon infernal…

munch the scream Paradoxalement, on voudrait passer l’examen le plus vite possible, pour que ce soit fini, et en même temps, on aimerait retarder le moment où l’on va devoir se présenter devant les examinateurs. On aimerait pouvoir se cacher, s’enfuir, disparaître. Bref, c’est le trac, le stress, l’angoisse, la peur au ventre, la sueur qui perle au front et au-dessus de la lèvre supérieure, les aisselles qui suintent, les cheveux qui se hérissent, et tout à coup ce sont les tremblements d’épouvante, les spasmes d’horreur, les hurlements !

Ouais… je sais, j’en fais un peu trop, mais ça m’amuse, voilà !

En tous cas, une chose est vraie, il y a plusieurs façons de vivre ces moments, et cela dépend fortement d’une personne à l’autre.

Une formalité pour certains, un calvaire pour d’autres

J’ai beaucoup de chance, je fais partie des personnes qui le vivent bien, et pourtant il n’en était pas toujours ainsi, j’ai appris à le faire.

Je n’essaye pas de me maîtriser, bien au contraire.

L'erreur, c’est de vouloir contrôler, renier, ignorer, ou étouffer ces sensations, car il est beaucoup plus simple et harmonieux de transformer la manière dont on vit une expérience subjective plutôt que d’y résister.

Les mots sont des étiquettes que l’on colle un peu vite sur un bocal

Une règle utile à retenir dans le domaine de la suggestion, comme le disait si bien ce cher Antoine: “Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme”. Sauf que lui, il était dans la chimie. Mais c’est pareil !

Ma technique est simple:

Je choisis de me dire que ces sensations, cette tension que j’éprouve, c’est en réalité un cadeau, une pure énergie vitale à mon service, grisante, vivifiante, électrisante, qui m’éveille l’esprit et le rend vif et alerte, justement ce dont j’ai besoin et qui me sera le plus utile ! C’est comme si j’avais remplacé l’étiquette “stress” collée sur ces sensations par une nouvelle étiquette “super énergie agréable et stimulante”… Et ça marche !

Essayez donc, ça s’apprend, et si ça ne marche pas, lisez la suite, et vous saurez comment y arriver par étapes. Je vous promets que c’est vraiment efficace, ça vous fout la pêche et ça vous met vraiment de bonne humeur !

Il existe encore bien d’autres techniques pour transformer ses états internes, d’ailleurs un petit coup de synesthésie, ça fait des miracles ! Ce sera un thème parfait pour un prochain article, car celui-ci s’annonce déjà bien fourni.

Mais revenons donc à cette fameuse conversation…

Bref, nous sommes assis tous ensemble, nous sommes un un groupe d’étudiants et nous attendons notre tour de passage à l’examen. Une dame qui suit également ces cours, appelons-la Axelle, est assise en face de moi.

C’est l’été, nous sommes à l’extérieur, il fait bon et ensoleillé, l’ambiance est assez bonne malgré le trac partagé, les gens bavardent et plaisantent.
Je remarque qu’Axelle reste silencieuse, elle ne semble pas du tout à l’aise, bref on peut le dire: pour elle ça sent le bad !

Après quelques minutes, je commence à lui parler, sur un ton calme et amical (M: moi, A: Axelle):

M: - “Axelle… dis moi, est-ce que je peux te poser une question ?”

A: - “Euh… oui ?” (un peu surprise)

M: - “Eh bien, comment est-ce que tu te sens en ce moment, est-ce que tu vas bien ? Tu sais, c’est juste que tu m’as l’air un peu tendue.”

A: - “… oui, c’est vrai, je me sens vraiment stressée”, répond-t’elle en souriant malgré son angoisse. Je pense qu’elle apprécie que quelqu’un vienne lui parler.

M: - “Oui je comprends… En fait je voulais te poser aussi une autre question. Tu sais, ce que je me demande, c’est… Comment est-ce que ce serait si tu pouvais, maintenant, remplacer cette tension par autre chose, si tu pouvais, à la place, te sentir bien, ressentir de la sérénité ?”

A: - “Eh bien… ce serait bien.”

M: – “C’est vrai ? Donc, si par magie tu pouvais te sentir vraiment confiante, détendue et sereine en ce moment même, ce serait mieux n’est-ce pas ? ”

A: – “Oh oui carrément !”

M: - “Tu as bien raison, ce serait quand même plus agréable. Et je me pose une autre question. En fait, j’ai envie de te demander ceci: qu’est-ce qui t’empêche de te sentir calme, confiante, détendue, de te sentir sereine en ce moment ?”

A: – … (une pause) “Eh bien, je ne sais pas, je suis stressée alors ce n’est pas possible”

M: – “Ok, je te comprends parfaitement. Pas facile de se détendre… Mais je suis curieux. Comment serait-ce si c’était possible, tu peux au moins l’imaginer n’est-ce pas ?”

A: – “Euh, oui”

M: - “Tiens, c’est intéressant. As-tu remarqué ?”

A: – “Quoi donc ?”

M: –“Eh bien à l’instant, pendant que tu l’imaginais, je t’ai vue plus détendue, et je n’ai pas rêvé n’est-ce pas ?”

A: – “Euh… oui en effet, c’est vrai.” (Quelque peu surprise, en le constatant d'elle-même. Elle sourit, intriguée. Je constate qu'elle s'est détendue encore un peu)

M: – Et c’était facile, n’est-ce pas ? Tu vois, en imaginant que tu pouvais te détendre, quelque part tu l’as fait, un petit peu. Et puisque tu as pu le faire, alors tu peux le faire à nouveau, je vais te montrer… Prends une grande inspiration (elle inspire), ferme les yeux, et imagine-toi à nouveau détendue. (pause) Tu te sens bien, de plus en plus confiante en toi et en tes capacités (pause) et tu remarques à quel point c’est déjà différent, n’est-ce pas ?”

(Je la vois encore se détendre un peu, elle sourit, ça va déjà mieux).

M: Je continue: “Et maintenant que tu te sens de plus en plus détendue, confiante en toi et en tes capacités, pourquoi ne pas en profiter encore un peu ? En plus c’est gratuit ! Alors pourquoi se gêner ? (rires, pause)  Alors profites-en encore, et maintenant, entre entièrement en contact avec cette sérénité.”

(Je vois encore des changements dans sa posture, elle se redresse, son visage se détend, elle inspire profondément, elle sourit)

M: - “Bravo ! C’est vraiment bien ! Vas-y, profite à fond de ce moment ! C’est plutôt pas mal n’est-ce pas ?”

A: – “Carrément !”

Je la laisse tripper encore un peu, puis “revenir” à son propre rythme.

M: –“Tu vois, tu me disais que ce n’était pas possible ! Et pourtant c’était si facile !”

A: –“Oui, mais… ça passe, je sens le stress qui revient vite, et en plus, je passe l’examen dans plus de 20 minutes”

M: –“Très bien, alors si je comprends bien, l’idéal, ce serait de pouvoir garder cela plus longtemps n’est ce pas ? Qu’est-ce qui t’en empêche ?”

A: –“Eh bien je ne sais pas, ça repart tout seul, je ne peux pas contrôler ça.”

M: –“Ok, alors maintenant, si tu es d’accord, retournons encore dans ce moment de sérénité, associe-toi à nouveau avec toutes ces sensations de cette sérénité que tu viens de vivre… (elle se détend à nouveau) Et maintenant, dis-moi… Imagine comment ce serait si tu pouvais garder cette sérénité plus longtemps, disons jusqu’à l’examen, et même un peu plus, pourquoi ne pas en profiter ? C’est facile. Imagine que maintenant, tu conserves cette sensation. À présent tu l’emportes avec toi et tu restes entièrement en contact avec elle jusqu'à la fin de l’examen, et même plus longtemps encore. Après tout ça ne coute pas plus cher, alors il faut en profiter !

(Axelle est plongée dans son imaginaire, apparemment elle voyage dans ses images, et c’est un bon trip !)

M: –“Tu vois, maintenant tu pourras rester en contact avec cette confiance aussi longtemps que tu en as envie. Il y a quelques minutes, tu ne savais pas encore que tu avais cette capacité. N’est-ce pas une découverte surprenante ?”

A: –“Oui !” (elle rit, et garde les yeux fermés pendant quelques instants).

Même pas peur !

Finalement, Axelle a passé son examen à l’heure prévue, et ça s’est très bien passé. Elle a même passé un bon moment !

Elle est venue me dire merci en fin de journée, et une fois encore le dernier jour de formation, elle m’a dit aussi que ça l’avait vraiment aidé.

La conversation a duré moins de 10 minutes… pour des résultats plutôt marquants !

Et pourtant je n’ai fait qu’utiliser quelques principes simples, empruntés à la PNL et à l’hypnose.

D’ailleurs si vous voulez en apprendre plus à ce sujet, je ne peux que vous conseiller le livre Trance-formation de Richard Bandler. Malheureusement, on ne le trouve plus partout, mais c'est une vraie mine d'or !

La suggestion pour les nuls

Avez-vous compris comment j’ai procédé, comment et pourquoi ça a marché ?

Si ce n’est pas le cas, rassurez vous, cela deviendra plus clair dans quelques instants, car je vais vous révéler quelques petit secrets d’hypnose conversationnelle bien sympathiques.

1) Capter l’attention

J’ai réussi à capter son attention tout au début. C’est important.

Lorsqu’un de vos amis se tourne vers vous et vous demande “Dis moi… est-ce que je peux te poser une question ?”, vous aussi vous êtes intrigué n’est-ce pas ?

2) Tous les sens aux aguets

À tout moment, mon attention est très fortement tournée vers mon interlocuteur. J’observe tous les signes: changements de posture, d’expression, de tension musculaire, de la respiration. Tous ces indices me permettent de m’accorder à la personne. De voir où j’en suis et me donnent des indications sur ce que je dois faire. Je m’accorde à la personne et je peux alors la guider en la respectant dans son processus.

3) Le fabuleux pouvoir des représentations mentales

Avez-vous remarqué comment le simple fait d’évoquer, de se rappeler ou d’imaginer une expérience change nos états internes ? C’est plus fort que nous, nous ne pouvons pas nous empêcher d’être véritablement hypnotisés par le contenu !

Samedi passé, un gars que je connais vaguement s’est mis à me parler d’une bagarre dans laquelle il s’était retrouvé quelques années plus tôt. Et il a commencé à s’énerver tout seul ! Je pouvais même le voir trembler !

Feuilletez quelques instants un bon livre de recettes, et essayez donc de ne pas sentir venir un gros appétit.

Rappelez-vous la dernière fois que vous étiez au lit, sous la couette avec votre bien aimé(e), et… euh ok c’est bon on arrête là :)

Vous l’aurez compris, le simple fait d’évoquer des représentations mentales (images, sons, sensations) suffit à transformer notre ressenti du moment !

4) Découper en petites étapes

Si j’avais dit “Allez, maintenant il faut que tu te détendes, allez hop !” ça n’aurait bien sûr pas fonctionné.

C’est demander trop d’un coup. Alors je  lui ai demandé d’imaginer, ce qu’elle a fait. Et c’est déjà une étape qui suffit souvent à débloquer la suite.

C’est simple, si une question ne fonctionne pas, on passe à la suivante, jusqu’à ce que ça marche:

- “Peux tu le faire ?”
- “Pourrais tu l’imaginer ? Comment ce serait si… ?”
- “Et si tu pouvais l’imaginer, comment ce serait si ?”

Si ça ne marche toujours pas, on peut encore proposer plein de choses:

- “Et si tu étais chez toi, au calme, ce serait plus facile de l’imaginer n’est ce pas ?”

Bref, une fois que ça fonctionne, même loin dans l’imaginaire, alors le déclic s’est fait et le tout va pouvoir se débloquer.

5) Toujours proposer, sans imposer

À tout moment, je parle en terme de possibilités, jamais de contraintes:
- “Fais ceci.” -> “Tu peux faire ceci.”
- “Imagine cela.” –> “Tiens, et comment ce serait si tu imaginais cela ?”

6) Elle n’est pas la seule à partir en voyage

Je me laisse aussi partir dans une sorte de transe, car il faut s’accorder, se connecter véritablement à la personne pour que cela fonctionne.

D’ailleurs, bien souvent on se sent après ce type d’expérience comme sur un petit nuage, avec un bon plein d’énergie positive. C’est très grisant.

6) Ne pas avoir peur de se répéter

Il peut être bon de bien décrire, de répéter si nécessaire plusieurs fois les mêmes mots.

Il faut laisser le temps à la personne de passer d’un état à l’autre, répéter certains mots (“calme”, “sérénité”, …), ça aide à se focaliser et ça aide le changements à se mettre doucement en place.

7) Utiliser des phrases “adoucissantes”

Une façon d’être moins directif, est de d’utiliser des phrases comme:
- “Tiens, je serais curieux de savoir si…”
- “Je me demandais si …”

Plutôt que de demander directement.

Conclusion

Cet article est déjà bien long. (D’ailleurs, j’espère qu’il n’est pas trop long ? Votre avis m’intéresse.)

Et j’ai envie d’aller prendre l’air et de me dégourdir les jambes, donc je vous laisse tout le loisir de faire votre propre conclusion !

Alors je vous dis à bientôt, la discussion est ouverte, les commentaires sont à vous !

5 comments:

Philippe a dit…

BRAVO !
Voilà un article vraiment très, très intéressant, tant par sa forme que par son contenu... Nouvellement inscrit à votre blogue, je suis vraiment emballé par la qualité de votre article. Je ne manquerai pas de vous suivre régulièrement.
Mes plus vives félicitations !

Philippe

Dan a dit…

@Philippe:
Comme le site est jeune, je me trouve à un moment où, en tant qu'auteur, j'apprécie encore plus que d'habitude les commentaires et les critiques.

C'est grâce aux réactions que je peux vraiment percevoir la manière dont les articles sont reçus par les lecteurs.

Allors merci pour votre feedback si sympathique, ça me fait très plaisir, et c'est vraiment encourageant !

Stéph. a dit…

Je confirme, c'est un article très intéressant, certe un peu long à cette heure-ci :) mais qui apporte énormément de choses surtout pour des novices comme moi...

Anonyme a dit…

Salut Dan, je viens de lire ton article avec attention et grand enthousiasme...
Je dois t'avouer qu'en 5 minutes je viens de passer de l'état "fatigué jcrois que jvais pas tarder à aller pieuter" à l'état "enthousiaste sourire", je me suis complètement associé à ton expérience et je dois dire que je me suis revu à Froidmont et j'ai repensé à ces bons moments que j'ai vécu là-bas...
Pendant que je lisais le dialogue avec Axelle, j'avais l'impression d'entendre le son de ta voix, de voir ton visage... c'était marrant!!
Félicitation vraiment parce que ton style est fluide à lire et en même temps le contenu est de qualité.
Bonne continuation à toi.
Dam.

Dan a dit…

@Stéph et Dam:
Merci pour vos commentaire si sympathiques ! :)
Vos retours sont très encourageants et me permettent de me mettre en quelque sorte à la place des lecteurs. Et si vous avez des questions ou si vous souhaitez plus d'explications par exemple, vous êtes toujours les bienvenus.

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